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Alors que le secteur de la promotion immobilière fait face à une période de plus en plus critique, comment envisager un redressement ? Décryptage des perspectives d’avenir avec Carlos de Matos du Groupe Saint-Germain !

Alerte rouge dans l’immobilier

Le secteur de l’immobilier, déjà sous haute tension, vient de recevoir un coup de tonnerre : Nexity, géant de la promotion immobilière, traverse une zone de turbulences et annonce un plan social massif avec, à la clé, la suppression de 500 postes sur le territoire national. Sans surprise, la nouvelle n’a pas manqué de secouer les pouvoirs publics, jusqu’alors peu réactifs malgré les multiples signaux d’alarme lancés par les acteurs locaux sur la crise du logement qui se profilait.

L’engorgement des stocks accentue la crise immobilière

« La crise nourrit la crise », martèle Pascal Boulanger, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers. Alors que les ventes stagnent, le stock de logements invendus s’accroît, incluant de nombreux biens qui perdent de leur attrait auprès des ménages solvables en raison de leur ancienneté. Thomas Humbert, vice-président de la FPI Alpes, exprime ses préoccupations : « D’un côté, on a donc cette problématique de stock qui n’arrive pas à s’épuiser pour le logement principal et de l’autre, les investisseurs sont dans un attentisme total, du fait de l’arrêt du Pinel à la fin de l’année ». Il souligne aussi l’effort de la FPI pour promouvoir auprès du gouvernement la création d’un statut de bailleur privé, bien que leurs appels restent pour l’instant sans réponse. Humbert critique également les méthodes de mesure de l’activité du secteur : « Nous ne cessons de dire que le nombre de permis délivrés n’est pas une donnée fiable pour mesurer l’activité. Ce qui donne le meilleur pouls de l’état de santé de la construction, c’est le nombre de mises en vente, le nombre de mises en chantier et le nombre de livraisons ».

Chute alarmante des réservations immobilières en Savoie

C’est un fait, la situation dans l’immobilier en Savoie est particulièrement tendue… Au premier trimestre 2024, les chiffres des réservations sont éloquents : seulement 93 réservations ont été enregistrées sur Grand Chambéry, soit une chute de 40 % par rapport à l’année précédente, déjà considérée comme une année difficile. La Haute-Savoie n’est pas en reste, avec une baisse de 50 % des réservations dans les bassins genevois et de Grand Annecy. « Plusieurs projets avaient été lancés sur Grand Chambéry, qui surperforme un peu. Mais le constat est là : dans les Savoie, le niveau de production est légèrement inférieur à la période de la crise sanitaire », conclut-il.

Pour autant, malgré ces perspectives, quelques motifs d’espoir subsistent : la probable stabilité des taux directeurs prochainement et une baisse de l’inflation. Cela dit, sans une action concrète du gouvernement, les promoteurs pourraient voir leur situation se dégrader davantage…